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Mâle ou femelle, comment faire son choix ?

Si vous vous posez la question d’adopter un mâle ou une femelle, notamment un chiot, cet article est fait pour vous ! Nous allons essayer ici d’y voir plus clair à ce sujet, en faisant preuve d’un maximum d’objectivité.

La différence physique

Pour une même race, les mâles sont généralement plus grands, plus lourds et ont souvent un pelage plus fourni que les femelles. Cette différence est plus marquée dans les grandes races du fait de leur croissance plus lente. Ainsi, cette différence sera beaucoup plus importante sur un Berger d’Anatolie que sur un Chihuahua. Selon le poids du chien, cela a un impact sur le budget nourriture et vétérinaire, car nous payons les médicaments proportionnellement au poids corporel du chien. *

Les stéréotypes sur les sexes

On entend souvent dire beaucoup de choses contradictoires. Il est difficile de trouver des études scientifiques qui traitent de cela. Cependant, j’ai dans ma bibliothèque un livre « le chien, un loup civilisé » édité en 2004 rédigé par une docteure en psychologie, section éthologie qui traite de ce sujet en se basant sur des données statistiques. Il en ressort d’après les études réalisées à l’époque les éléments suivants :  les propriétaires de mâles seraient significativement plus nombreux à se plaindre de leur comportement en général, ils aboieraient plus que les femelles (plus territoriaux), seraient plus agressifs globalement (humain, congénère et propriétaires), plus fugueurs, moins faciles à éduquer et déclencheraient plus de bagarres. En revanche, celles entre femelles seraient moins fréquentes mais plus graves.

Que faut il penser de ces informations ?

Il s’agit uniquement de tendance, pas de vérité absolue. Ainsi, rien ne dit que parce que vous allez prendre une femelle, elle sera douce, facile à éduquer…  Beaucoup d’autres critères entrent en jeu ; sur une portée de 10 femelles il y aura 10 caractères différents, des faciles à éduquer et des plus compliquées.

L’impact hormonal sur le comportement des individus non castrés

Mâles : Ils sont toujours « prêts » sexuellement et ont un marquage urinaire plus important que les femelles. Le risque de fugue pour rejoindre une femelle en chaleur est toujours présent, surtout si vous avez un terrain non clôturé. La présence d’une femelle en chaleur peut ainsi favoriser les bagarres entre mâles (rivalité). Un mâle entier (=non castré) peut être très perturbé par la présence d’une femelle en chaleur, surtout s’il vit avec, à tel point qu’il peut refuser de s’alimenter. Les mâles sont généralement adultes dans leur comportement plus tard que les femelles de même race.

Par ailleurs, certains mâles peuvent mettre en place un comportement copulatoire sur des personnes mais aussi sur des objets (mais ce comportement n’a pas toujours une cause hormonale). De même, certains mâles peuvent être perturbés lorsqu’une humaine (sa maitresse par exemple) a ses menstruations (léchage de sous-vêtements…).

Enfin, il peut être distrait facilement par une odeur de femelle en chaleur, ce qui est important notamment pour les chiens qui travaillent (chiens guides d’aveugle, maitre-chien, chien pratiquant le sport canin…). D’ailleurs, les chiennes en chaleur qui concourent en sport canin doivent se signaler et sont généralement invitées à s’isoler durant le passage des concurrents et à passer en dernier pour ne pas perturber leur travail.                                   

Femelles : Leurs comportements sont modifiés uniquement durant les cycles de chaleurs. Celles-ci ont lieu le plus souvent deux fois par an. Les chaleurs durent environ 3 semaines. Les pertes sanguines et les changements comportementaux (sociabilité, recherche de proximité avec ses propriétaires, agressivité avec les congénères, fatigue, nervosité) sont plus ou moins importantes suivant les individus. Il faut s’attendre à ce que les chiens du quartier cherchent à rejoindre votre chienne. Les femelles peuvent faire la cour aux mâles durant cette période, ce qui signifie qu’il faudra éviter de la laisser avec des mâles entiers. Il vous faudra alors certainement la sortir en laisse ou longe et penser à l’isoler si vous avez un mâle entier à la maison afin d’éviter une grossesse non désirée. Il existe également un risque de fugue de la femelle pour trouver un partenaire. Enfin, ces chiennes ne seront pas forcément aptes au travail durant cette période notamment si elles perturbent les mâles qui l’accompagnent (travail en équipe, chien de chasse…).

La stérilisation, solution miracle ?

La stérilisation est un sujet complexe et je vous renvoie sur le lien d’une excellente étude réalisée par le docteur vétérinaire comportementaliste Joël Dehasse. Nous parlons ici de stérilisation de type chirurgical (le plus courant) qui consiste à l’ablation des testicules chez le mâle et des ovaires et de l’utérus chez la femelle et qui aura pour conséquence pour cette dernière de supprimer les chaleurs. Il existe d’autres solutions de stérilisation, de type chimique, qui présentent elles aussi des avantages et des inconvénients.

L’objectif principal de la stérilisation est d’empêcher la reproduction, ce qu’elle réussit à merveille. En revanche, ce n’est pas une solution miracle pour résoudre des problèmes de comportement, ni pour améliorer la santé de l’animal, c’est beaucoup plus complexe et va dépendre de 3 facteurs essentiellement : l’âge du chien au moment de l’intervention, sa race, les troubles du comportement éventuels du chien avant l’opération.

 Au niveau des maladies, la castration permet d’éviter certaines maladies mais peut en provoquer d’autres (en plus du risque opératoire), voir l’étude de Joël Dehasse.

 Au niveau comportemental c’est la même chose, il y a des sujets sur lesquels certains comportements peuvent se voir améliorer et d’autres chez lesquels la castration va les aggraver. A titre d’exemple, la castration chez la chienne a tendance à augmenter son agressivité envers les autres femelles et ne réduit pas forcément l’agressivité entres mâles. Elle peut toutefois faire diminuer les fugues (seulement si celles-ci ont une cause hormonale) et faire baisser le marquage urinaire des mâles.

J’ai déjà un chien(-ne) à la maison

La solution qui parait la plus simple serait de prendre un chien du sexe opposé. Là encore, c’est souvent une bonne idée surtout si l’un des deux est stérilisé, cependant là encore pas de généralités mâle et femelle peuvent aussi ne pas s’entendre et deux individus du même sexe peuvent être les meilleurs amis du monde. Il vous faudra préalablement vérifier la sociabilité de votre animal. L’éducation et la socialisation que vous allez leur apporter vont être primordiales.

Conclusion

Le caractère de votre chien va dépendre d’un tas de critères mais aucun à lui seul va permettre de le prédire : la race, la génétique (les ascendants), le travail de l’éleveur durant la gestation et avant adoption, vos conditions d’accueil, la sociabilisation, l’éducation que vous allez apporter, compteront certainement davantage que le choix du sexe, ce qui ne veut pas dire que celui-ci n’a pas d’incidence mais c’est seulement un élément du cocktail.

Les questions que vous devez vous poser ?

Si vous souhaitez prendre un chiot, il faut se demander :  est-ce que je veux le ou la faire reproduire ? Vais-je le ou la faire stériliser ? Si je ne veux pas stériliser mon animal, suis-je conscient de ce que cela occasionne ? du coût éventuel (la stérilisation chirurgicale est un acte plus compliqué et plus couteux chez les femelles que chez les mâles) ? si je prends un chien de taille moyenne, grande ou géante, suis-je conscient de la différence de gabarit entre les mâles et les femelles ? Suis capable physiquement de retenir un chien de 60 kilos qui tire sur la laisse pour courir après un chat ? Est-il judicieux de prendre un mâle si j’en ai déjà un à la maison qui ne s’entend pas avec ses congénères mâles (ou l’inverse) ?

Comme souvent en matière de comportement canin, il n’y a pas de réponses toutes faites mais beaucoup de nuances à apporter. Mâles et femelles présentent chacun des avantages et des inconvénients. L’objectif de cet article est de vous permettre de faire un choix conscient du sexe de votre animal.

Si vous avez des doutes n’hésitez pas à vous faire accompagner par des professionnels, un éducateur canin comportementaliste connaissant le sujet, un vétérinaire et bien entendu par un éleveur compétent qui saura vous orienter.

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